Travail du dimanche
Le dimanche, les salariés des enseignes de bricolage feront ce qu'il leur plaît, mais ne travailleront pas !
Après avoir été
menacés par un décretvisant à étendre la liste des dérogations aux ouvertures dominicales
(définies par la loi Mallié d'août 2009) à leur secteur, les salariés
des enseignes de bricolage peuvent aujourd’hui respirer.
La
CFTC a veillé au grain et obtenu que le texte soit purement et
simplement retiré de la circulation. L’annulation du décret a été
confirmée début mai. « Nous avons été reçus au ministère de Xavier
Bertrand et avons fait valoir que l'ouverture de ces magasins était une
concurrence déloyale au sein même du secteur » pointe Patrick Ertz,
président de la fédération CSFV (Commerce, services et force de
vente)-CFTC.
Les entreprises de négoce de
matériaux n'étaient pas concernées par cette dérogation et
appréhendaient de voir leurs clients se fournir dans la distribution
spécialisée le dimanche. Le président de la CSFV-CFTC a également
argumenté que la dérogation permettant aux magasins d'ameublement
d'ouvrir le dimanche ne sert réellement qu'en Île-de-France ou à
Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône) et que peu de magasins saisissent
l'occasion. « Il n'y a pas de nécessité impérieuse à ouvrir ! »
insiste-t-il.
Surtout, la CFTC a fait valoir que
si le décret avait effectivement autorisé le travail le dimanche dans
les grandes surfaces de bricolage, les salariés n'auraient pas eu de
contrepartie, la convention collective n'en prévoyant pas. Il aurait
fallu ouvrir une négociation, sans garantie d'aboutir à un résultat
favorable aux salariés.
L'espoir suscité par
l'arrivée d'une nouvelle équipe au gouvernement, moins impatiente de
mettre la France au travail le dimanche, rassure. Mais la CFTC restera
attentive à faire respecter ce que souhaitent réellement les salariés.